Peut-on se faire hypnotiser si on a du mal à lâcher prise ?

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 Lorsqu’on envisage une séance d’hypnose, une question revient souvent : “Et si je n’y arrivais pas ? Si je n’arrive pas à lâcher prise, est-ce que l’hypnose fonctionnera quand même ?”. Cette inquiétude est extrêmement fréquente, et elle traduit bien le besoin de garder une forme de contrôle sur soi, même lorsqu’on recherche un changement.

D’après une enquête de la British Society of Clinical Hypnosis (2019), plus de 60 % des personnes hésitant à consulter disent craindre de “ne pas être hypnotisables”. Pourtant, l’expérience clinique et les recherches scientifiques confirment que la grande majorité des individus peuvent entrer en état d’hypnose, même lorsqu’ils pensent “résister”.

En tant qu’hypnothérapeute à Lyon et en visio, j’accompagne régulièrement des personnes convaincues d’avance qu’elles ne sauront pas lâcher prise. Et pourtant, séance après séance, elles découvrent que l’hypnose ne demande pas de “réussir quelque chose”, mais simplement d’expérimenter un état intérieur accessible à tous.

Le mythe du “lâcher prise absolu”

On pense souvent que l’hypnose exige un abandon total, comme une plongée immédiate dans un état de détente profonde, proche du sommeil. Cette image, largement nourrie par les spectacles d’hypnose et les films, crée une attente irréaliste. Beaucoup de personnes arrivent en cabinet persuadées que si elles entendent encore des bruits autour d’elles ou si elles pensent à leur liste de courses, “ça ne marchera pas”.

En réalité, l’hypnose est un continuum d’états. Certaines personnes vivent une hypnose très visuelle, d’autres très corporelle, d’autres encore ressentent surtout une concentration différente. Une étude de l’Université de Stanford (2016) a montré que l’hypnose correspond à une modification de la communication entre certaines zones du cerveau (le cortex préfrontal et l’insula), sans perte de conscience ni de contrôle. Autrement dit : on est conscient, mais différemment.

Le lâcher-prise n’est donc pas un état “tout ou rien”. Il s’agit davantage d’un glissement progressif vers une attention tournée vers l’intérieur. Même une hypnose légère peut générer des changements profonds dans les habitudes ou les émotions.

auto-hypnose : personne écoutant un audio en étant allongé

Pourquoi certaines personnes pensent “je n’y arrive pas” ?

Beaucoup de personnes qui viennent me voir à Lyon disent au début de la séance : “Je crois que ça ne va pas marcher sur moi, je n’arrive pas à lâcher prise”. Derrière cette phrase se cachent plusieurs dynamiques fréquentes :

  • Le besoin de contrôle : certaines personnes aiment comprendre, analyser, tout maîtriser. Elles craignent que l’hypnose leur “prenne” ce contrôle.

  • La peur de mal faire : beaucoup abordent la séance comme un examen, avec la peur d’échouer. Si elles ne ressentent pas “assez” de sensations, elles concluent : “Je n’y arrive pas”.

  • La comparaison aux autres : “Ma sœur m’a dit qu’elle avait vu des images incroyables… moi je n’ai rien vu, donc ça ne marche pas”. En réalité, chacun vit l’hypnose différemment.

  • Un état d’anxiété ou d’agitation : certaines personnes arrivent en séance très tendues. Leur corps est en alerte, et il leur faut simplement plus de temps pour s’autoriser à ralentir.

Selon une étude de l’Université Harvard (2018), environ 15 % des personnes se jugent “résistantes à l’hypnose” alors que les tests cliniques montrent qu’elles répondent positivement aux suggestions hypnotiques. Ce décalage vient surtout de leurs attentes irréalistes.

Peut-on résister à l’hypnose ?

C’est une question qui revient sans cesse. Oui, on peut résister à l’hypnose… mais seulement dans le sens où on peut choisir de ne pas collaborer. Contrairement à ce qu’on imagine, l’hypnose n’est pas un état imposé. On ne peut pas être hypnotisé contre sa volonté.

La “résistance” se manifeste souvent par des pensées du type : “Je vais garder les yeux ouverts”, “Je vais essayer de ne pas me laisser aller”. Pourtant, même dans ces cas, l’esprit peut entrer en hypnose à un niveau subtil. Des recherches publiées dans Consciousness and Cognition (2019) montrent que même les sujets sceptiques ou “résistants” présentent des modifications physiologiques (rythme cardiaque, activité cérébrale) caractéristiques de l’hypnose.

En réalité, ce qu’on appelle “résister” est souvent un malentendu : croire qu’il faudrait arrêter de penser, “partir ailleurs” ou perdre conscience. L’hypnose, au contraire, accueille les pensées, les images et même les résistances.

Le rôle de l’hypnothérapeute dans ce processus

Un praticien expérimenté sait que chaque personne a sa propre manière d’entrer en hypnose. Le rôle de l’hypnothérapeute n’est pas d’imposer un état, mais de créer un cadre sécurisant où la personne peut expérimenter sans pression.

Dans mon cabinet à Lyon, je prends toujours le temps d’expliquer que toutes les réactions sont normales : que l’on ressente beaucoup de choses, ou très peu, cela reste de l’hypnose. J’utilise différentes techniques pour m’adapter à chacun : des inductions plus progressives pour les personnes contrôlantes, des exercices corporels pour celles qui ont du mal à visualiser, ou encore des métaphores pour stimuler l’imagination.

Un exemple fréquent : une personne que j’ai accompagné me disait ne “rien ressentir”. Pourtant, en reprenant ses mots, elle s’est aperçue qu’elle avait naturellement ralenti sa respiration, oublié la notion du temps et accédé à des souvenirs oubliés. Tout cela est bel et bien de l’hypnose, même si elle ne l’avait pas reconnu comme tel.

Photo de Natacha Laine en consultation

Des résultats possibles même sans lâcher-prise “parfait”

Il est essentiel de rappeler que même une hypnose légère peut produire des effets thérapeutiques significatifs. L’efficacité de l’hypnose ne dépend pas de la profondeur apparente de l’état, mais de la réceptivité aux suggestions.

Par exemple, une étude publiée dans International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis (2017) a montré que les personnes en hypnose “superficielle” obtenaient des résultats similaires dans la gestion de l’anxiété à celles en hypnose plus profonde.

Dans mon expérience, certaines personnes accompagnées repartent convaincues “d’avoir résisté”, mais constatent quelques jours plus tard une évolution dans leur sommeil, leurs émotions ou leurs comportements. Le travail de l’inconscient se fait souvent en arrière-plan, indépendamment de ce que la personne croit avoir “ressenti” sur le moment.

Hypnose et confiance : apprivoiser l’expérience

L’hypnose n’est pas une performance. C’est un apprentissage progressif, comme la méditation ou le yoga. La première fois, il est normal de se sentir maladroit ou de douter. Mais à mesure qu’on répète l’expérience, le corps et l’esprit reconnaissent plus facilement cet état.

Un exemple concret : un jeune homme très rationnel, venu pour des crises d’anxiété, m’a dit après sa première séance : “Je crois que ça n’a pas marché sur moi”. Lors de la deuxième, il a reconnu des sensations nouvelles de légèreté. À la troisième, il a décrit un apaisement profond qu’il n’avait jamais connu auparavant. Cela montre que le lâcher-prise s’apprivoise.

De plus, l’hypnose devient souvent un outil pour développer la confiance en soi. En apprenant à se laisser guider sans perdre le contrôle, la personne renforce son sentiment de sécurité intérieure et découvre qu’elle peut se faire confiance.

Le cadre sécurisant : hypnose et complémentarité thérapeutique

Il est fondamental de rappeler que l’hypnose ne remplace jamais un suivi médical ou psychologique. Elle vient en complément, pour aider à travailler sur l’aspect émotionnel, inconscient et symbolique des problématiques.

En tant qu’hypnothérapeute à Lyon, ma formation en psychopathologie clinique me permet de distinguer les situations où l’hypnose est indiquée seule, et celles où il est préférable d’associer une autre approche thérapeutique ou médicale. Cette transparence rassure mes clients : ils savent qu’ils sont accompagnés dans un cadre éthique et sécurisé.

Certaines personnes me disent qu’elles avaient peur “d’échouer” ou de “résister à l’hypnose”. En découvrant que toutes leurs réactions étaient normales, elles se sentent rapidement plus libres d’explorer et, paradoxalement, c’est ce qui leur permet enfin de lâcher prise.

Conclusion

Il est tout à fait possible de vivre l’hypnose même lorsqu’on pense ne pas savoir lâcher prise. Le fameux “je n’y arrive pas” est une réaction courante, mais elle ne constitue jamais un obstacle définitif.

L’hypnose n’est pas une question de performance ou de profondeur d’état : c’est une expérience personnelle, accessible à chacun, qui produit des résultats même lorsqu’on croit “résister”.

Si vous cherchez un accompagnement bienveillant en hypnose pour le lâcher-prise à Lyon, je vous accueille dans un cadre sécurisant et professionnel. Ensemble, nous trouverons la façon qui vous correspond pour découvrir que l’hypnose, loin d’exiger un abandon total, est avant tout un chemin pour reprendre confiance en soi.